Article dans la revue Salamandre « Comment les vers de terre creusent-ils leurs trous ? »

Photo d'un lièvre pour la première page de couverture de la revue la Salamandre

Dans le dernier numéro de La Salamandre (revue naturaliste que je vous conseille fortement), Lucas Michelot m’a interviewé pour répondre à la question suivante :

Comment les vers de terre creusent-ils leurs trous ?

Principalement en mangeant la terre. Ils détachent des petits morceaux de sol grâce aux muscles puissants de leur bouche située à l’avant du corps. Cette matière est ensuite broyée lors de son passage dans le pharynx, puis dans le gésier. Après digestion, les crottes sont déposées directement dans les galeries ou à la surface. Pour progresser plus facilement dans leurs tunnels, les lombrics ont une peau enduite d’un mucus glissant. Plus surprenant, ils possèdent aussi des poils ! Ces soies, courtes et raides, leur permettent de s’accrocher fermement aux parois de leur trou. Bien utile quand un prédateur essaie de les en déloger.

Creusent-ils tous de la même façon ?
Non. En Europe, il y a plusieurs centaines d’espèces, réparties en trois groupes aux mœurs bien différentes. Les vers épigés vivent à la surface, dans les feuilles mortes et autres débris végétaux. Pour eux, pas besoin de galeries. Les endogés occupent les vingt premiers centimètres du sol, où ils évoluent dans des tunnels horizontaux usage unique qu’ils comblent progressivement avec leurs excréments. Enfin, les anéciques forent des cavités verticales qui peuvent descendre à plusieurs mètres de profondeur et qu’ils entretiennent soigneusement. Le lombric commun, le plus connu, fait partie de cette catégorie.

Ces animaux sont-ils présents partout ?
Presque. Ils ont avant tout besoin d’humidité et de matière en décomposition. Ainsi, ils n’aiment pas les régions trop sableuses, souvent sèches et pauvres en nourriture. Idem pour les terrains trop compactés, difficiles à creuser. En revanche, ils adorent les prairies non labourées et les pâturages extensifs. Dans les endroits les plus favorables, on peut en trouver plus de 1 000 par mètre carré, toutes espèces confondues.

On dit qu’ils sont bons pour les sols…
Oui, en consommant de la terre et des débris végétaux, les lombrics participent à la fragmentation et à la digestion de la matière organique, processus indispensable à sa décomposition. Ils contribuent ainsi à la fertilité du sol. De plus, leurs galeries permettent à l’eau et à l’air de mieux circuler en profondeur. Ces cavités servent également de lieu de vie à une foule d’invertébrés et sont rapidement colonisées par les racines des plantes.

Propos de Sarah Guillocheau recueillis par LUCAS MICHELOT pour la revue LA SALAMANDRE n°268
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